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26/03/2018

A l’automne 2017, de septembre à novembre, 113 000 personnes dans toute la France ont répondu en ligne à une trentaine de questions dans le but de décrire la pratique du vélo dans leur commune. Cela a permis de dresser un palmarès des villes françaises les plus favorables aux cyclistes.

Le vendredi 16 mars, les adhérents de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), réunis en congrès à l’Ecole normale supérieure de Lyon, découvrent le palmarès des villes les plus « cyclables ». Les données récoltées, classées, triées par critère, ont permis à la fédération pro-vélo d’établir un palmarès, une sorte de « grand prix du public » des villes où il est le plus facile de se déplacer à bicyclette. C’est donc Strasbourg qui obtient la meilleure note (4,1/6) dans la catégorie des agglomérations de plus de 200 000 habitants, suivie de Nantes (3,7) et Bordeaux (3,5). Parmi les communes de 100 000 à 200 000 habitants, Grenoble (3,9) est lauréate. La Rochelle (Charente-Maritime, 3,8), Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin, 3,9) et Sceaux (Hauts-de-Seine, 4/6) l’emportent dans les catégories des cités moins peuplées.

L’enquête sur le baromètre des villes cyclables se révèle la plus aboutie jamais réalisée en France sur la pratique du vélo. A Paris, 7 600 personnes y ont répondu ; 4 700 à Lyon, 4 100 à Toulouse et 3 000 à Grenoble, où près de 2 % de la population ont pris la peine de s’exprimer. Ce sondage qui suscite l’intérêt des chercheurs spécialisés en mobilité, a impressionné jusqu’au cabinet de la ministre des transports Elisabeth Borne, prompte à vanter le vélo comme un « transport du quotidien ».

Réduire l’espace de la voiture

Les villes ayant fournis le plus d’efforts depuis des années, pour développer ce mode de déplacement et limiter l’espace octroyée à la voiture, ont été retrouvées dans la liste des villes récompensés.

A Strasbourg, les majorités municipales qui se sont succédé depuis les années 1970 ont droite et gauche confondues, multiplié les aménagements. Elle dispose aujourd’hui de l’un des plus importants réseaux cyclables d’Europe, œuvré pour apaiser la circulation motorisée, posé des arceaux de stationnement en centre-ville ou à proximité de la gare et des stations de tramway. L’équipe actuelle, menée par Roland Ries, propose une solution de livraison par des vélos cargos  (dotés d’un bac) pour limiter la part de diesel dans la logistique urbaine.

Nantes, la ville qui a accueilli le congrès mondial Vélo-city en 2015, continue de réduire l’espace de la voiture au profit du vélo et des transports publics. A Bordeaux, le vélo fait partie des attributs du mode de vie citadin vanté par le maire Alain Juppé. Eric Piolle, son homologue de Grenoble, qui se déplace à vélo à assistance électrique dans la métropole, met en place des « autoroutes à vélos » séparées du reste de la circulation et balisées. C’est à La Rochelle (Charente-Maritime) que furent proposés dès 1976 les premiers deux-roues en libre-service de France, les « vélos jaunes » du maire d’alors, Michel Crépeau.

Sceaux, située dans la petite couronne parisienne, s’est montrée pionnière dans l’installation des double sens cyclables permettant aux cyclistes d’emprunter les rues secondaires en sens interdit, et des « tourne à droite », qui les autorisent à passer au feu rouge à condition de laisser la priorité aux piétons

Béziers, Aubervilliers, parmi les plus mal notées

Plusieurs villes de l’ouest (Angers, Rennes, Caen, Lorient), de la plaine d’Alsace (Mulhouse, Colmar, Sélestat) ou du piémont alpin (Chambéry, Annecy) figurent parmi les mieux classées. Par contre, le pourtour méditerranéen se distingue par ses réticences manifestes à la bicyclette. Nice (2,6), Marseille (2/6), Toulon (2,5) ou Béziers (2,2) enregistrent en effet les pires notes, comme certaines communes autour de Paris : Neuilly-sur-Seine (2,2), Villejuif (2,2) ou Aubervilliers (2,1). Avec une note de 3,2, Paris obtient un résultat assez moyen, supérieur à celui de Montpellier (2,7) ou Toulouse (3) mais inférieur à la note de Lille (3,3) ou Lyon (3,3).

Les élus locaux et les militants associatifs, ainsi que la presse régionale, regarderont avec attention les notes obtenues pour chacun des aspects. « Le baromètre doit contribuer à l’émergence d’une science cyclable. Il permettra aux municipalités de construire des aménagements selon des critères précis », selon Olivier Schneider, président de la FUB.

Lyon, Bordeaux, Dijon et Mulhouse, qui disposent toutes de systèmes en libre-service, sont considérées comme les villes où il est le plus facile de louer une bicyclette. Grâce aux panneaux de signalisation pour les cyclistes, Strasbourg, Chambéry ou la bien nommée La Flèche (Sarthe) se distinguent. Aulnay-sous-Bois, Rueil-Malmaison et quelques communes de la petite couronne parisienne obtiennent des scores remarquables en matière de stationnement du vélo à proximité de la gare.

Paris obtient de mauvaises notes en matière de cohabitation avec les véhicules motorisés, notamment pour le manque de sécurité aux intersections ou leur stationnement récurrent sur les pistes cyclables. Ses performances détaillées seront alors observées avec attention par la municipalité qui a placé la transition écologique au cœur de son mandat. En revanche, les cyclistes parisiens reconnaissent les efforts de la capitale pour développer le vélo et vantent la facilité avec laquelle on peut en louer un.

 

Source: www.lemonde.fr

 

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