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20/03/2018

Après l’avion, le bateau, la voiture, le train et le métro, les terriens vont bientôt pouvoir se déplacer avec l’Hyperloop, un train supersonique pouvant atteindre 1 000 km/h qui raccourcit les distances comme jamais encore. Il trotte même dans la tête des décisionnaires français et des grands opérateurs. La compétition « à qui aura son Hyperloop le premier » est engagée entre les continents. Dans les starting-blocks français : Orléans, Limoges, Toulouse, Saint-Etienne, la Corse…

Son principe relève de la science-fiction. Les voyageurs prennent place dans des navettes d’une trentaine de places propulsées grâce au champ magnétique, circulant dans un tube sous vide construit à quelques mètres au-dessus du sol sur pylônes.

Pour de nombreuses raisons : les technologies sont éprouvées, son financement s’amortirait sur les billets voyageurs et serait privé. Il serait plus faible que l’avion et le train au niveau du coût environnemental. «Nos rendez-vous sous le gouvernement Hollande n’avaient pas été très fructueux. Avec Emmanuel Macron, la dynamique et la donne ne sont plus les mêmes », se réjouit Sébastien Gendron. En 2015, l’entrepreneur français a cofondé Transpod, l’une des trois sociétés leaders sur l’Hyperloop qui est installée à Toronto.

  • 30 minutes en Hyperloop pour Paris-Limoges

Selon une étude Transpod, un système Hyperloop en Europe coûterait un tiers de moins que celui d’une ligne à grande vitesse tout en voyageant trois fois plus vite. Même la SNCF a pris des parts dans la société américaine Hyperloop One. C’est la première à avoir réussi des tests dans le Nevada. Il n’y a pas que ça, les grands aéroports observent eux aussi ce nouvel ovni qui pourrait remplacer certaines lignes d’avion, là où le trafic aéronautique est saturé. « Demain, ces compagnies pourront acheter des « pods » [NDLR : des navettes] plutôt que des avions », pronostique Sébastien Gendron, en soulignant en même temps les avantages environnementaux : « Hyperloop élimine autant les besoins énormes en carburant que les émissions de carbone du transport aérien ».

Transpod convoite de construire un prototype de trois kilomètres à Limoges en janvier 2018. Ce serait sur une voie de chemin de fer désaffectée de la commune de Droux, dans le nord de la Haute-Vienne. Nous espérons démarrer la construction de la piste cet été après avoir déposé un permis de construire qui est prévu ce printemps, ensuite tester des prototypes à l’échelle 1, entre 10 à 15 kilomètres en 2021 », note Sébastien Gendron.

La société investit actuellement 10 millions d’euros sur les 20 nécessaires. Vincent Léoni, adjoint à l’urbanisme de Limoges, espère que la région Nouvelle-Aquitaine mettra la main au portefeuille.

Il faudra attendre quelques années encore pour réaliser la ligne Limoges. L’objectif étant de transporter du fret avant 2030 et des passagers avant 2035 ». Transpod trouvera la mise de départ dans les gros fonds des pays nordiques et de pensions américains. Le financement sera donc essentiellement privé. «On ne demandera pas de l’argent à l’État qui n’en a pas, mais seulement son accord… Cette question va sûrement arriver sur la table du gouvernement avant 2020 »

  • 24 minutes en Hyperloop pour Toulouse-Montpellier

À Toulouse, l’entreprise californienne Hyperloop Transportation Technologies (HTT) compte s’installer sur l’ancienne base militaire de Francazal. Dans 3 à quatre ans, sur cette zone sera construit, un tuyau d’1,2 kilomètre sur pilier, préfiguration d’un linéaire d’usage Toulouse-Montpellier, deux villes reliées en 24 minutes par l’Hyperloop.

Certes intéressé, Jean-Michel Lattes, vice-président aux transports et déplacements de Toulouse Métropole, se montre des plus prudents : « Ma fonction est de faire fonctionner mais pas d’expérimenter donc je regarde cela avec attention. On développera les projets seulement lorsqu’on aura la certitude de l’efficacité de la réalité de ce dispositif ».

L’entreprise prévoit un investissement de 34 millions d’euros, dont 80 % dans les trois prochaines années. Reste à conclure la vente, l’État étant propriétaire des 38 hectares de la zone d’activités de Francazal. Il céderait les bâtiments qui s’y trouvent à HTT ainsi qu’une partie de ces terrains. Avant la signature ferme, la métropole sera chargée du développement économique de la zone, de dépolluer le sol et, et d’y aménager les voiries par la suite. « On est plus sur une compétence région qu’une compétence métropole », ajoute Jean-Michel Lattes. La région votera une aide à la recherche et à l’innovation si le projet est confirmé.

  • 8 minutes en Hyperloop pour Saint-Etienne-Lyon

L’ingénieur Christian Brodhag, engagé dans le développement durable depuis près de quarante ans a fait plancher ses élèves de l’école des Mines de Saint-Etienne sur un projet d’Hyperloop qui peut relier le centre de Lyon eu centre de Saint-Etienne. Ceci étant un trajet actuellement saturé sur les routes comme sur le rail… Sur ce tronçon de 65 kilomètres, l’Hyperloop mettrait 8 minutes, contre 45 minutes actuellement en train. « Il viendrait en complémentarité du rail, le soulager », annote Christian Brodhag.

Son équipe s’est appuyée sur les éléments de recherches d’Elon Musk, le milliardaire fondateur de Tesla et SpaceX. Comme résultats en matière de consommation énergétique, l’Hyperloop est relativement sobre car il n’y a pas de frottement des capsules. L’énergie nécessaire à la propulsion de la navette pourrait être «produite» par des panneaux solaires placés sur toute la longueur des tubes. Le coût estimé pour l’Hyperloop est environ 18,4 millions d’euros par kilomètre, soit à quelque chose près, celui du TGV.

« C’est une occasion de préserver une tradition d’innovation dans le domaine des transports de la France, une fantastique opportunité économique »  alerte Stéphane Gemmani, conseiller régional Cap 21/Société civile. Et de regretter la « frilosité en période de restrictions budgétaires, et cette gestion de l’avenir à la papa ». Un groupe de réflexion s’est toutefois mis en place pour plancher sur ce transport et tous les sujets connexes comme l’impact sur l’aménagement

 

Source: www.lettreducadre.fr (mars 2018)

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