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15/03/2018

Les cyclistes urbains se retrouvent souvent dans des différents cas plus ou moins risqués. La plupart des gens disent que les « cyclistes ça ne respecte rien ! ». C’est une conclusion désagréable et amère. Il y a toujours une confrontation entre divers usagers qui ne se comprennent pas. Selon Axelos, un cycliste urbain régulier, l’une des réponses est simple et se définit en une phrase courte : « mais les aménageurs ça ne respecte rien ! ». Ainsi, deux situations se présentent : l’obligation et la préservation.

  • L’obligation

C’est simplement le fait que l’aménageur est dans l’obligation de créer un aménagement cyclable. Les vélos sont bien souvent considérés comme des indésirables, mais les lois existants depuis 10 ans doivent être appliquées, donc c’est fait… sans porter d’importance à la qualité de ce qui est fait. C’est la raison pour laquelle on constate cette omniprésence d’aménagements qui sont en théorie pratiques et sécurisé, mais dans la pratique dangereux et laborieux.

  • La préservation

Celle qui nous intéresse plus pour cet article. Il s’agit de réaliser des aménagements cyclables, mais en ignorant quelques obligations légales et conseils d’aménagement.

Ceci partant souvent d’une bonne volonté d’assurer la sécurité du cycliste, ces aménageurs ne prennent pas en compte l’une des grandes prouesses du cerveau humain, la mémoire. Cela entraîne une perversion de cette volonté : le cycliste est à terme davantage en danger. Pour démontrer cette théorie, un exemple est présenté en se basant sur la priorité des cyclistes dans les carrefours, quand ils circulent sur les pistes et bandes cyclables.

Voici quelques notions techniques pour mieux comprendre l’exemple qui sera exclusivement traité de situations de croisement avec pistes et bandes cyclables :

  • Tout autre chemin partagé n’est pas une route et ne peut prétendre à aucune priorité.
  • La voie verte étant une route indépendante, ses règles de priorités diffèrent.

Une piste cyclable est une ou plusieurs voie(s) de circulation faisant partie intégrante de la chaussée principale qu’elle longe ; il s’agit donc de la même route, et les règles de priorité ne peuvent différer : si les voies pour automobiles sont prioritaires, donc la piste cyclable aussi, l’inverse est aussi vrai. (Texte de loi)

C’est le même cas pour les bandes cyclables, mais la logique est moins difficile à appréhender à cause de l’inexistence de séparation physique entre les voies.

Cette notion d’équité des priorités est bien souvent bafouée dans la pratique. Comme ce qui est expliqué précédemment, cette situation provient bien souvent d’un bon sentiment de vouloir sécuriser le cycliste. Alors qu’il est prioritaire, on lui impose un panneau de signalisation « STOP ». Son but étant simplement d’éviter que le cycliste surgisse sur la chaussée principale et se fasse happer violemment par un automobiliste surpris. Alors que l’automobiliste se trouve dans une situation où, d’après le code de la route, il doit céder le passage au cycliste, la présence du panneau stop soulève une contradiction : Il impose un arrêt, mais également l’obligation de céder le passage de chaque côté, la signalisation verticale posée par l’aménageur est donc paradoxale par rapport à ce qu’a appris l’automobiliste à l’auto-école. (Texte de loi)

Certains automobilistes vont tout de même s’arrêter par sympathie, ou parce qu’ils sont de bons élèves. Par contre, il y a toujours ceux qui vont couper la priorité pour des raisons différentes. Après tout, les automobilistes ne sont pas tous capable de se souvenir par cœur d’une règle survolée rapidement jadis, et les règles évoluent avec le temps. Il est question ici de pouvoir remettre toute la logique des règles de priorité en jeu: théoriquement c’est celui qui change de direction qui doit céder le passage, or avec cette signalisation verticale contradictoire, c’est celui qui change de direction qui devient prioritaire, saisissez-vous la perversion ?

Qu’en est-il le jour, où ce même automobiliste se retrouvera dans un cas similaire, mais ne croisant pas une piste cyclable cette fois, mais une bande cyclable ? En toute logique, sa perversion mémorielle lui donnera l’idée qu’il est prioritaire sur le cycliste, et lui coupera la priorité… libre à vous d’imaginer la suite.

 

Source: www.carfree.fr (mars 2018)

 

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